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Avec l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), nous avons cherché à savoir si les bovins suisses conserveraient leur niveau de performance et leur bonne santé si on leur donnait moins – voire pas du tout – d’aliments concentrés très énergétiques et riches en protéines. Le projet financé par le Fonds Coop pour le développement durable nous a donné la réponse: la part d’aliments concentrés dans l’alimentation des bovins peut être réduite à moins de 5% sans que leur santé en pâtisse. Et leur lait est même meilleur.

Photo: Thomas Alföldi
Photo: FiBL

Alors que (contrairement à l’homme) les ruminants digèrent parfaitement l’herbe, on donne souvent aux vaches laitières et aux bovins de boucherie du fourrage concentré composé en grande partie de soja d’Amérique du Sud.

Or la culture du soja entraîne souvent la déforestation de forêts tropicales, laissant des surfaces déboisées inutilisables pour la production alimentaire locale. De plus, le transport d’aliments pour animaux est source de pollution. Les surfaces consacrées à la production d’herbe et de foin pour les bovins n’entrent pas en concurrence avec les besoins alimentaires de l’homme. Certes, les vaches nourries quasiment sans aliments concentrés ont une production laitière moindre, mais les coûts occasionnés par le fourrage concentré disparaissent. Et le lait de ces vaches est plus sain: plus elles mangent d’herbe et de foin, plus leur lait contient de vitamines et d’acides gras oméga-3.